La Gestalt-thérapie

La Gestalt thérapie s'inscrit dans le courant de la psychologie humaniste et relationnelle, et vise à développer l’autonomie, la responsabilité et la créativité de l’individu.

 

Une approche globale de l’individu.

 

La Gestalt-théorie a été fondée par Fritz et Laura Perls, Paul Goodman et Ralph Hefferline dans les années 1950 aux Etats-Unis. Riche d’un héritage analytique en raison de la filiation directe de F.Perls à Freud, elle s’est nourrie au fil des ans par les thérapies corporelles, mais aussi avec le courant de la phénoménologie et de l’existentialisme.

 

La Gestalt-thérapie est une approche holistique, globale de l’être humain ; celui-ci ne saurait être réduit à sa dimension cognitive, corporelle ou affective. C’est en considérant la personne dans toutes ses dimensions qu’un travail thérapeutique peut être véritablement mené en profondeur et transformateur.

Une approche relationnelle

Si la Gestalt s’intéresse à l’environnement de l’individu, c’est pour regarder comment nous nous sommes construits dans nos liens, dans notre histoire toute singulière.

Explorer nos modalités relationnelles, c’est regarder comment nous sommes en relation ici et maintenant ; avec nos pensées, nos sensations, notre corps et  nos émotions.  Sans les rechercher particulièrement, je les accueillerai sans jugement ; nous les mettrons en regard du sens qu’elles peuvent avoir pour vous aujourd'hui.

La responsabilité

Peut-être plus que d'autres approches, la gestalt thérapie permet de regarder comment nous construisons notre vie, de prendre conscience de la responsabilité que nous avons dans ce qui nous arrive,  et d'identifier ce que nous voulons mettre en place pour changer.

En mouvement

Entreprendre une gestalt-thérapie, c'est prendre conscience du mouvement de vie dans lequel nous sommes, en lien avec notre environnement ; c'est ouvrir sur les possibilités de remettre du mouvement sur ce qui semble figé.

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Le fond et la forme... que voyez-vous?

Dans un article de septembre 2017, la revue Psychologies.com publie un article sur la Gestalt-thérapie, et en détaille les techniques principales : le monodrame, l'amplification, la mise en action, l'awareness et l'interpellation. Lire l'article

Quelques notions clefs de la Gestalt

Le "maintenant" et le "comment" : la Gestalt s'attache au comment plus qu'au pourquoi, et privilégie la description des phénomènes à leur interprétation. La description de ce qui se passe au niveau corporel, émotionnel, dans la pensée permet de prendre conscience de la manière que nous avons de faire avec notre environnement.

Le processus : le Gestalt thérapeute va porter son attention sur le déroulement du présent. Pour Perls, les questions fondamentales qui permettent d'explorer le présent sont : que faisons-nous? Que ressentons-nous? Qu'évitons-nous? Qu'attendons-nous?

La frontière-contact : la Gestalt va regarder ce qui se passe entre un individu et son environnement, en partant du postulat que le premier est toujours au contact du second. La Gestalt est l'étude et vise à augmenter et optimiser la qualité de contact d'une personne avec son entourage et relations.

 

L'ajustement créateur : Le processus thérapeutique est alors l'étude des ajustements créateurs qui s'opèrent à chaque instant, à cette frontière contact. Le thérapeute et son client vont aussi se trouver dans ce processus d'ajustement permanent ; l'observation des ajustements et des rigidités vont pouvoir alors être regardées dans le présent de la situation.

Le cycle du contact : l'interaction relationnelle se déroule en plusieurs phases qui constituent le cycle de l'expérience ou cycle du contact. Les phases principales sont le pré-contact (émergence d'un besoin, d'un désir, d'une sensation), le plein contact (l'engagement, ma mobilisation de l'énergie, la mise en action) et le post contact (retrait, séparation, assimilation). La gestalt thérapie va permettre la prise de conscience de ces différentes phases et de leurs éventuelles interruptions. 

Les résistances ou mécanismes de défense : en gestalt thérapie elles sont nommées : introjection, rétroflexion, déflection, égotisme, projection et confluence. La gestalt va permettre de regarder comment certains mécanismes de défenses ont été adaptés à une situation donnée, et comment certains autres  (anachroniques ou répétitifs) traduisent un fonctionnement pathologique.

La responsabilisation : la gestalt thérapie vise l'accès à l'autonomie et à la responsabilité. En partageant son ressenti et sa vision de la situation, le gestalt thérapeute n'est pas dans une posture de quelqu'un qui détient le savoir pour son client mais bien dans le partage et la co-construction du sens avec son client. Le chemin thérapeutique pourra être de passer du subir à l'agir, de passer de la posture d'être spectateur de sa vie à celle d'être acteur de sa vie. 

L'expérimentation : la gestalt privilégie l'expérimentation, la recherche expérimentale de solutions (contrairement à la recherche de causes). La mise en action permet la prise de conscience par l'action, et vise à ce que l'individu puisse contacter son potentiel en relation avec son environnement (en l'occurrence le thérapeute).

La singularité et la liberté : la Gestalt valorise la singularité de chacun dans une optique existentialiste et non conformiste. En évitant toute interprétation qui serait plaquée par le thérapeute sur son client, le premier va chercher à valoriser la singularité et le potentiel de croissance de l'individu. C'est en s'accueillant de manière authentique et dans toutes ses facettes que le changement devient possible.

Fritz Perls, l'un des pères fondateurs de la Gestalt, peint par Otto Dix

Le changement en Gestalt-thérapie :

Les mécanismes de régulation du contact en Gestalt thérapie

 

Dans une perspective phénoménologique, le gestalt thérapeute va inviter le patient à observer les différents mécanismes de régulation du contact entre un individu et son environnement.

 

Voici un résumé succinct de ces principales régulations :

 

La confluence : c’est l’état de symbiose d’un nourrisson avec son environnement. Il n’y a pas de différenciation, pas de limite entre l’extérieur et l’intérieur.  L’individu aura tendance par ce mécanisme, à se fondre dans le milieu ambiant. Un travail en gestalt thérapie pourra être mené sur la question de la différenciation.

 

L’introjection : ce processus se manifeste fréquemment par des « il faut, il ne faut pas » des règles des injonctions qui auront été prises telles quelles et qui n’auront pas été assimilées. Si l’introjection est nécessaire tout au long de croissance de l’individu, elle peut participer à un moment donné à la non-différenciation d’un individu de son environnement. L’introjection a pour effet de nous présenter comme vrai ce qui est dit ; nous sommes éloignés d’une vision singulière, subjective, et originale propre à chaque individu. Les introjets peuvent venir d’un héritage familial « dans cette famille on fait comme ça » culturel, social. La encore, ils sont nécessaires à l’intégration de l’individu à son environnement mais s’ils ne sont pas « digérés » ils peuvent constituer un frein à la croissance. Un travail en gestalt thérapie pourra être mené l’identification de ces introjets et sur leur appropriation ou leur aliénation (le fait de ne pas se reconnaître dans ces introjets).

 

 

La projection : ce mécanisme consiste à attribuer à l’environnement quelque chose qui nous appartient. Parce qu’il peut y avoir des éléments inassimilables pour l’individu, ceux-ci vont être projetés sur l’environnement. Sur un versant paranoïaque, la projection peut se mettre en place en raison d’une grande insécurité interne ; ce mode de régulation du contact permet de remettre du connu, du sens là où il n’y en a pas, ou pas assez. Ces projections peuvent alors faire écran à un contact de qualité entre un individu et son environnement. Plusieurs pistes de travail sont possibles ; l’une d’entre elles peut être celle de vérifier et identifier la caractère projectif pour que la personne se réaproprie ce qui est projeté. L’autre de regarder ce qu’il y a derrière cet écran, et souvent il y a une grande vulnérabilité et sensibilité qui ne demandent qu’à être vus et reconnus.

 

Sous un angle différent, la projection peut-être très utile, car il sous tend l’acte créatif. Il peut sous tendre également l’empathie ou l’intuition.

 

La rétroflexion : ce mécanisme consiste à garder pour soi ou à se faire à soi-même ce qui serait à adresser à l’environnement. Si elle est utile dans certains cas : par exemple on ne dit pas tout ce que l’on pense, elle peut gravement nuire à la qualité de contact, créer de l’isolement, de l’immobilité. Sortir de la rétroflexion permettra de se remobiliser, recontacter sentiments et émotions clivés pour aller vers l’action. D’autres exemples de rétroflexions peuvent être les somatisations. Se rendre malade, inhiber une colère, etc… Le thérapeute sera alors l’environnement bienveillant permettant de remettre en mouvement ces éléments immobilisés. Le travail du « hot seat » ou « la chaise vide » par des mises en situations pourra être un moyen efficace de travailler cette dé-rétroflexion.

 

La déflexion

Ce mécanisme consiste  à atténuer le contact, parce qu’il ne peut pas être vécu dans toute son intensité, ou dans toutes ses composantes. Considéré comme une forme d’évitement du contact, il peut prendre différentes formes : parler de sujets anodins pour éviter de parler de ce qui est important, pratiquer l’humour pour éviter de contacter de la tristesse ou de la colère.  Dans certaines circonstances, cela peut être sain de pratiquer la déflexion : par diplomatie, pour protéger quelqu’un qui serait trop exposé dans sa vulnérabilité.

 

La proflexion : dérivé de la rétroflexion, ce mécanisme consiste à faire à autrui ce qu’on voudrait qu’il nous fasse. Exemple : prodiguer des compliments parce qu’on voudrait en avoir, une politesse démesurée pour avoir de l’attention. Il s’agit d’une demande détournée. Le travail en thérapie sera d’identifier les besoins en jeu dans la relation pour un jour trouver une modalité d’expression plus saine de la dite demande.

 

L’égotisme : ce mécanisme d’évitement du contact peut permettre de ne pas « basculer » dans quelque chose d’angoissant. L’individu, à travers ce mécanisme, maintient une frontière épaisse entre lui et son environnement. La peur de perdre son identité, la peur de lâcher prise peuvent participer à une expérience de diminuer le contact avec autrui, en renforçant le contrôle qu’une personne a ou croit avoir sur son environnement.

Si l’égotisme est parfois une étape dans le cheminement thérapeutique par le renforcement de l’égo, par la restauration de la confiance, il n’est qu’un passage pour aller ensuite vers plus de fluidité et plus de souplesse dans le contact.

Le travail du rêve en Gestalt-thérapie

 

Dans l’interprétation des rêves en 1926, Freud décrivait le rêve comme la voie royale pour accéder à l’inconscient. Pour Jung, le rêve prendra ses lettres de noblesse avec les notions d’inconscient collectif, d’archétypes.

 

Du côté de la Gestalt Thérapie, le rêve peut être abordé de plusieurs manières.

 

En considérant le rêve comme une projection 

 

C’est à dire en partant de l’idée que l’individu met à l’extérieur (dans le rêve) ce qui lui appartient (mécanisme projectif).

Dans cette optique, le thérapeute pourra proposer à son patient d’incarner tout à tour les différents aspects du rêve. En effet, si l’on part de ce principe de la projection, le rêve est constitué d’éléments personnels appartenant à l’individu, constitutifs de son être profond. Il peut s’agir de personnages bien sûr, mais aussi danimaux, de formes, de couleurs, d’objets, et plus subtilement d’ambiances particulières. Tout élément du rêve est une invitation à explorer nos différentes facettes. Certaines sont angoissantes, d’autres moins. Certaines apparaissent clairement, d’autre sont moins nettes.  En incarnant de manière la plus précise qui soit chaque élément onirique, la personne est invitée à contacter son être au monde.

 

Fritz Perls, l’un des fondateurs de la Gestalt thérapie, disait en effet que nous projetons, nous mettons à l’extérieur (dans le rêve) certains éléments car ceux-ci peuvent être inacceptables, non reconnus. Dans une perspective de croissance de l’individu, le rêve est comme quelque chose de non-conscient qui demande à être conscient, à un moment donné. Ce n’est donc par hasard que nous faisons tel rêve à tel moment.

 

Il y a donc comme un message mis sous forme de codes (les éléments du rêve) en raison d’une angoisse existentielle sous-jacente.

 

Une possibilité sera aussi de mettre en dialogue les différents éléments du rêve, afin de d’établir des liens entre ces éléments qui ne semblent, de prime abord, pas liés les uns aux autres.

Le rêve est une occasion de réunifier l’individu, afin qu’il puisse se réapproprier des parties désavouées ou méconnues. Vu sous cet angle, le rêve est détenteur d’un potentiel d’intégration, d’unification et de croissance.

 

Le travail de faire dialoguer les parties de l’individu au service de quelque chose de plus grand dont nous pourrions être en mesure de prendre conscience est aussi un travail qui peut être fait avec les enfants et leurs dessins. Violet Oaklander, gestalt thérapeute, utilise fréquemment cette technique dans ses travaux thérapeutiques.

 

 

Une autre approche du rêve en gestalt est abordée par la rétroflexion

La rétroflexion consistant à garder pour soi ce que l’on voudrait adresser à l’environnement. Développée par Isadore From, cette approche du rêve met en exergue le fait que celui-ci pourrait aussi être un message, un non-dit adressé au thérapeute. Il chercherait par là à signifier quelque chose qui concerne la relation. Considéré comme un élément de contact, il peut ensuite être déconstruit afin de pouvoir prendre conscience de ce qui se passe dans la relation. Là encore, le thérapeute focalisera son attention, pas tant sur le contenu, mais sur le vécu sensoriel et émotionnel lié aux images et à l’ambiance du rêve. Le rêve permet alors d’observer la manière d’être au monde du patient et de conscientiser ce qu’il répète de son histoire.

La place du corps dans ma pratique de la Gestalt-thérapie

 

La Gestalt thérapie s’intéresse à toutes nos dimensions : réflexive, affective, spirituelle et corporelle. La dimension corporelle inclut la posture, le regard,  la voix, les gestes ainsi que les émotions. Toutes les manifestations corporelles parlent de la personne, tout comme les rêves, l’imaginaire, les représentations. Le corps n’a pas une place à part dans mon travail ; il est une porte d’entrée comme une autre pour accéder à l'individu.

 

La proxémique

 

La proxémique étudie la signification symbolique de l’ "espace entre" dans les différentes cultures. La distance à la quelle nos corps se tiennent dans une relation n’est pas le fruit du hasard, à priori. Il y a une dimension sociale, culturelle, ainsi qu’une distance propre à chacun, dans une situation donnée. Une piste de travail peut-être celle de mettre de la conscience sur ces distances, et de regarder les affects ou émotions qui émergent lorsque cette distance varie, ou pas.

 

Le vécu corporel

 

Le travail d’awareness, de porter sa conscience sur l’instant présent, suppose d’aller questionner notre vécu corporel en situation. Que se passe-t-il dans notre corps dans telle ou telle situation ? De quelles sensations avons nous conscience ? Peut-on toujours les localiser ou les qualifier avec précision ? Quelles dynamiques sont en jeu ?

En gestalt, il ne s’agira pas de parler du corps, mais plutôt de donner la parole à notre corps, comme un partenaire privilégié qui a bien des choses à nous dire, qui relève et révèle souvent du pas-encore -conscient.

 

Je pourrais vous proposer par exemple de vous mettre dans la station debout et de porter votre attention sur votre vécu corporel, sur vos sensations, agréables ou désagréables : non pour les juger, mais pour les accueillir, pour leur redonner leur place comme une partie intégrante de qui nous sommes.

 

De nombreux jeux ou exercices peuvent être proposés pour illustrer corporellement ce qui se passe dans la relation. Inversement, ce qui se passe dans le contact a un impact corporel, sensori-moteur, affectif.

 

L’awareness corporelle

 

Cet état d'attention à l’instant présent nous permet d’en savoir d’avantage sur nous : sur nos postures : se tient on très droit ? Très vouté ? A-t-on des gestes automatiques, de petits « tics » ? Que disent-ils de nous ? La voix aussi est corporelle : la hauteur de voix, le timbre, la tension vocale.

 

Le corps est à la fois expression personnelle (je me sens tendu, fatigué..) et expression interpersonnelle (je te montre que je me sens tendu, fatigué..)

 

Les mouvements fondamentaux

 

Nous pourrons également observer les mouvements fondamentaux à l’œuvre dans telle situation.

 

Céder : c’est le mouvement de donner son poids, de se laisser porter. Sentir son poids permet de s’orienter dans l’espace.

 

Pousser : c’est le mouvement du nourrisson qui pousse sur ses mains et lève la tête pour regarder ce qu’il y a plus loin. Il fait l’expérience de la densité, de cohésion et d’intégration. Nous ne pouvons pas pousser sans avoir quelque chose contre lequel pousser. L’adolescent qui désire aller vers un ailleurs plus attirant a besoin de repousser quelque chose qu’il ne reconnaît plus ou plus assez. Il fait simultanément l’expérience de se séparer de l’autre tout en l’incluant.

 

Allers-vers : c’est la saine agressivité de l’individu qui va contacter son environnement pour aller satisfaire un besoin, une curiosité, une envie. C’est dans le fait d’aller vers que réside la quête de plaisir, de confort et de nourriture.

Les mouvements du bébé se forment en relation avec un objet, souvent le parent, qui peut lui offrir soin et assistance. Ce vers quoi on veut aller (stimulus) donne forme au geste d’aller vers (la réponse)

 

Attraper / tirer à soi  : l’individu saisit un objet de l’environnement (exemple une pomme) et la tire à soi pour la faire sienne. C’est l’enfant qui a saisi un jouet qu’il veut faire sien. Le fait de saisir peut restaurer une stabilité.Le fait de tirer à soi émerge notamment la capacité de se différencier de l’autre

 

Relâcher : une fois que l’individu à satisfait son besoin, la tension se relâche et il est prêt pour une autre expérience.

Théorie paradoxale du changement

La gestalt s’est construite avec l’héritage de différentes théories, et notamment avec la théorie paradoxale du changement. A. Beisser explique qu’il est nécessaire de « lâcher »  la volonté de changer pour que le changement puisse se faire. « Le Gestalt thérapeute rejette le rôle de changeur parce que sa stratégie est d’encourager et même d’exiger que le sujet soit ce qu’il est, où il est. » (A. Beisser, 1999, p4)

Le thérapeute gestaltiste, dans sa posture, a plusieurs cordes à son arc pour permettre ce changement. Parmi celles-ci on trouve :

  • l’accueil bienveillant : accueillir ce qui est présent, ici et maintenant. Cela permet à la personne de se sentir entendue, soutenue. Le gestalt thérapeute travaille avec l’époché, la mise en suspens de son jugement et accueille avec le plus d’ouverture possible, tout en restant dans le respect du cadre de la thérapie, de sa déontologie et de son éthique.

  • l’awareness : stimuler la conscience du moment présent chez son client, dans ses dimensions réflexive, imaginaire, sensorielle, affective et émotionnelle, corporelle, vise à remobiliser sa capacité à « contacter ».

  • Le travail sur les polarités : en explorant pleinement chacune de ses facettes, de ses manières de contacter l’environnement, le client pourra être amené à « être » pleinement tous les aspects de son être au monde, pour élargir sa gamme d’ « agir-sur-le-monde ».

 

Au terme de changement on pourra alors préférer celui de restauration, d’étayage, pour parler de l’enrichissement des possibilités de contact de l’individu avec son environnement.

 

Jacques Blaize nous rappelle qu’« il n’est donc jamais question d’amener le patient à renoncer à quoi que ce soit, même pas à un « symptôme » mais toujours de l’aider à élargir la gamme de ses possibilités d’être au monde. C’est en faisant l’expérience de sa conscience d’être en relation, et en cherchant à l’enrichir par d’autres modes relationnels que son « exister » ex-sistere - va s’affirmer. » 

 

Le présent

 

Si dans notre pratique de la Gestalt, nous sommes si ancrés dans le moment présent, si nous invitons nos clients à convoquer des proches dans l’enceinte du cabinet, c’est bien parce que nous avons foi en ce que c’est le présent de la relation thérapeutique qui va permettre le changement. Pour citer Daniel Stern, si le passé influence le moment présent, « l’expérience présente doit être en mesure de changer le passé (…) Si elle ne peut pas faire ça, autant tirer un trait sur le changement thérapeutique. »  Le présent aurait donc ce pouvoir de modifier la perception que l’on a du passé. 

La surprise

 

Parler du changement, c’est parler aussi de ce qui ne change pas, ce qui ne semble pas changer dans ce qui est habituel, rituel parfois, entre moi et mon client. Or, des surprises, de « petits changements » de forme peuvent apparaître au cours d’une séance, à l’insu du client comme du thérapeute alors que « ça » ronronne. C’est parfois suite à un geste, une parole, un événement inattendu, que le contact se trouve changé. C’est parfois « Un élément tellement vital que la séance entière a changé. Le moment est entré dans le conscient et il est devenu mémorable » (D. Stern, 2003, p36). Il semblerait que ce soient ces petits moments fugaces, où comme dirait Stern, « une expérience vraie émerge »,  où un contact qui réaffirme le lien avec ses semblables mobilise la personne vers un possible changement.

 

Cependant, pour que ces « surprises », ces micro changements puissent être accueillis avec une suffisante sécurité pour qu’un nouveau mouvement soit engageable, il aura fallu créer une certaine alliance thérapeutique au préalable. Ce moment béni, au cours duquel, tout d’un coup, un changement peut s’opérer, ce phénomène, que les Grecs appellent Kaïros, est un moment d’interaction intense parmi ceux qui n’apparaissent pas sans une alliance « solide ». 

 

Avant de regarder ce qui appartient au client et ce qui m’appartient, je vais porter mon regard sur la situation, je vais observer les fonctions prédominantes du champ que nous co-créons. Pour cela, je vais m’efforcer de prendre en compte tout ce qui fait l’expérience du client : son imaginaire, son vécu sensoriel, affectif et le sens qu’ont les choses pour lui. En faisant cela, je l’accueille tel qu’il est et lui reconnaît toute sa singularité. «Une fois pour toutes il faut reconnaître le fait que le premier désir du patient est d’être compris.»nous dit M. Balint. Avant de changer, c’est d’être rejoint par un autre dont il s’agit - ici le gestalt thérapeute.

 

Le changement ne saurait donc être recherché, mais il sera permis. En tant que Gestalt thérapeute, je m’efforce de créer les conditions pour que l’autonomie puisse prendre le pas sur la passivité, la soumission et la dépendance.

 

1 Cité des Ecoles

Paris 20ème arrondissement

Métro Gambetta (ligne 3)

Bus 26, 61, 64, 68, 69, 86

Horaires : du lundi au vendredi de 9h à 20h

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